Allegro - Andante – Allegro
La sonate n° 2 pour cordes, tout comme les cinq autres, fut écrite par un Rossini âgé de douze ans. Elle anticipe, de façon incroyable, l’esprit et l’éclat de ses œuvres ultérieures et tire un grand parti des possibilités solistes de la contrebasse alors que l’alto est plus habituellement l’instrument solo dans ses œuvres pour cordes.
Le début de la Sonate en la majeur est calme en apparence. Une mélodie poignante apparaît rapidement, jouée par le premier violon auquel répond le violoncelle, la contrebasse se faisant elle-même entendre en un bref passage soliste. Il y a quelque chose de menaçant dans le début du mouvement lent et un air de mélancolie dans le duo de violon et de violoncelle qui suit, mais toute idée de ce genre est rapidement dissipée par un mouvement final plein d’entrain.
soliste: Iwona Sobotka, soprano
C'est tout au début des années vingt que Szymanowski se tourna résolument vers le folklore de son pays, à la recherche d'une «musique nationale par son caractère polonais» («nationale mais non provinciale», prendra soin de préciser le compositeur), comme il l'écrit dans ses Réflexions sur la critique musicale en Pologne aujourd'hui.
Sa première œuvre écrite dans cet état d'esprit est précisément le cycle des mélodies intitulé Slopiewnie (de «slowo», le mot, et de «piewnie», le chant, la lamentation ou la récitation). Le compositeur s'inspira d'un poète en vue, lié au mouvement Skamander, Julian Tuwim, un poète marqué par Rimbaud et très attiré par la magie noire, dont l'écriture est faite des racines anciennes et d'inventions dérivées de la langue slave.
Szymanowski parle de sa tentative de «cristallisation des éléments de l'héritage tribal» dans Slopiewnie. On trouve, mais à un haut degré de sophistication, des appels et des cris extatiques (n° 2 et n° 4) répondant au chant du rossignol (n° 1), l'évocation des rites anciens (n° 3) suivie de lamentations (n° 5), comme l'indique Christopher Palmer dans son livre sur le compositeur. Le style vocal est incantatoire, avec des ornementations presque orientalisantes (Szymanowski était très attiré par l'Orient).
Le dernier chant fait référence à une princesse
polonaise qui, en l'an 700, se jeta dans la Vistule en sacrifice
à la divinité qui lui avait permis de mener ses troupes
à la victoire : c'est tout l'ethos polonais qui transparaît
dans cette ultime élégie où le symbolisme (héritage
de la musique française, et en particulier de Debussy) se
teinte d’une dimension fantastique tout à la fois tragique
et onirique, caractéristique de l’esprit national polonais.
Cette œuvre dédiée à la sœur du compositeur
est, sans doute, secrètement pensée pour sa voix,
comme c'était déjà le cas des Chants de la
Princesse des contes de fées.
1. Cerisiers
Dans les arbres le soleil se mire
Miel doré de sucre et de délices
Herbes, fleurs, abeilles, printemps et ruches.
Et les feuilles s'empourprent de cerises.
Et quand la lune paraît dans les nuages,
L'ombre frissonne et chante.
Dans les arbres un tirlili sonne
Rossignol chantonne des caresses.
2. Dans la forêt
Ah, dans la forêt pleine d'ombre,
S'agite et pleure l'osier sombre.
Le bois est noir, les herbes hautes ! Ohé !
Et sous les cieux bleus l'espace sans bornes.
L'eau murmure, l'eau chantonne, dans les herbes
Les blanches fontaines dansent sur les roches.
Le bois est grand un sombre bois de chênes,
Et à ses pieds coule l'eau verte et claire.
Ah, l'osier noir s'agite et dans les prés
Résonne le galop franc et gai des chevaux à tête
fière.
Ah !
3. Saint François
Oiselets, fleurs douces, biches légères
Alléluia hosanna, alléluia hosanna, alléluia.
Séraphins et archanges, séraphins et archanges,
Chantaient sa gloire : louons la puissance divine.
Ô joie céleste, douce lumière.
Ô Jésus, colombe de l’amour !
4. Chanson rouge
Les palais de frêne aux portes de pourpre,
Le sorbier s'incline, les baies sont bien mûres.
Les baies sont toutes rouges, les fées toutes blanches
Dans la forêt noire, la belle s’égare !
La sorcière la guette de ses yeux de flamme.
Ah ! Rouges sont dans l'aube les palais de frêne !
Ah !
5. Wanda
Wanda, reine de la Vistule,
La lune d'or promène, dans l'ombre langoureuse, ses mains
lumineuses.
Et l'abîme bleu chante Wanda reine vistulaine,
Coiffe ses tresses blondes, dans l'eau vierge et pure.