Prologue - Métamorphoses – Apogeum - Epilogue
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Witold Lutoslawski est le plus grand compositeur polonais
de la deuxième moitié du XXe siècle et
l'un des compositeurs de premier rang sur le plan international. Au milieu des années 1950, l'oeuvre de Lutoslawski
a connu un premier tournant important lié avant tout
aux changements politiques qui ont suivi les événements
d'octobre 1956. |
Les contraintes artistiques qu'avait imposées la doctrine
du réalisme socialiste ont été levées
même si le régime politique est resté le même.
Pour les musiciens, ce dégel signifiait une reprise de contact
avec l'Occident et les innovations qui en venaient, ainsi que la
possibilité de donner libre cours à leurs
recherches personnelles.
Dans l'oeuvre de Lutoslawski, ce changement est représenté
par la Musique Funèbre pour orchestre d'instruments à
cordes (1954-1958), composition d'une grande expressivité,
dédiée à la mémoire de Béla Bartók.
On y trouve des idées nouvelles, reposant sur une façon
originale de traiter l'échelle dodécaphonique, tant
sur le plan horizontal (mélodique) que vertical (harmonique).
Les types d'intervalles utilisés, l'apparition du canon dans
la montée des cordes, en font une oeuvre qui allie
une émotion poignante avec une rare perfection formelle.
Le prologue fait surgir du néant cette série de douze
notes, puis la montée en intensité s'accomplit progressivement,
dans un contrepoint suffocant. Les "métamorphoses"
de la deuxième partie débouchent sur l'acmé
de l'oeuvre, l'apogeum, qui fait retentir la série en douze
accords fracassants qui constituent le sommet de cette arche musicale.
Enfin, l'épilogue fait replonger la musique dans le néant
en un miroir inversé du prologue absolument saisissant, avec
une beauté des timbres sans pareil.
soliste: Martin COUSIN, piano
Allegro – Andante - Allegro
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Compositeur russe du XXè siècle, Shostakovitch symbolise, sans aucun doute, l’exemple emblématique d’une personnalité à double visage: contraint de maintenir une image en accord avec le régime stalinien, son langage musical le poussait vers des sentiers audacieux immédiatement taxés de formalistes, décadents, modernistes, anti-populaires et bourgeois, proches de l’idéologie déliquescente de l’Ouest! |
Etait alors décrétée formaliste, selon l’analyse ironique de Prokofiev, «toute musique que le peuple ne comprend pas à la première audition». Fallait-il donc rejeter les innovations d’un langage grinçant, prompt à révéler le grotesque, somme toute non conventionnel, d’un compositeur pris entre le marteau et l’enclume? La tyrannie du pouvoir totalitaire, dont le culte de la personnalité gouvernante était le principal instrument de propagande, devait impérativement toucher le peuple par un langage simple, étudié pour séduire. Utiliser le langage traditionnel et ses mélodies populaires pour vanter les mérites de l’idéologie stalinienne n’était donc qu’une simple technique d’influence pour laquelle chaque profession artistique était sollicitée.
Le concerto n°2 de Chostakovitch a été dédié
à son fils Maxim et fait partie des oeuvres à vocation
pédagogique que le compositeur a créées pour
ses enfants. Dans une lettre écrite au compositeur Edison
Denisov, Shostakovitch s'est plaint que cette oeuvre ne présentait
aucun mérite artistique.
Pourtant les critiques de l’époque l’ont félicité
pour sa simplicité charmante, son esprit insouciant et sa
chaleur lyrique.
Les premier et dernier mouvements sont dominés par des thèmes
enjoués échangés entre les cordes et le piano.
Le mouvement lent, par contre, met en évidence le piano dans
un soliloque rappelant le style de Rachmaninov: un mouvement d’une
simplicité, d’une clarté qui illustre un Shostakovitch
pur et lyrique.