Haydn forme, avec ses cadets Mozart et Beethoven, ce qu’on
appelle la "trinité classique viennoise".
Contrairement à Mozart, Haydn se soucia peu des conventions
du discours musical, mais, comme Mozart, il fit, de celui-ci, l’expression
d’une action dramatique.
De son vivant, on lui reprocha d’avilir son art par son humour
et ses traits plébéiens. Il fut le type même
du créateur original.
Etant au service exclusif du prince Esterhazy, Haydn écrivit
une lettre dans laquelle il se plaignit de ne pouvoir se rendre
à Vienne comme il le voulait; il en reconnaissait toutefois
les avantages : « A la tête d’un orchestre, je
pouvais faire des expériences. J’étais libre
de changer, d’améliorer, d’ajouter ou de supprimer,
de me livrer à toutes les audaces. Coupé du monde,
je n’avais personne pour m’importuner et fus forcé
de devenir original. »
De 1760 à la fin du siècle, l’histoire de la
musique devint de plus en plus la sienne, et il finit par l’orienter
pour 150 ans.
Le premier, il se servit génialement de la ‘forme sonate’
et en exploita, avec des ressources inépuisables, toutes
les virtualités dialectiques, tant sur le plan thématique
que des relations tonales.
De ce point de vue, Beethoven fut non seulement son plus grand mais
son unique élève.