Franz Joseph HAYDN (1732-1809)

Haydn forme, avec ses cadets Mozart et Beethoven, ce qu’on appelle la "trinité classique viennoise".
Contrairement à Mozart, Haydn se soucia peu des conventions du discours musical, mais, comme Mozart, il fit, de celui-ci, l’expression d’une action dramatique.
De son vivant, on lui reprocha d’avilir son art par son humour et ses traits plébéiens. Il fut le type même du créateur original.
Etant au service exclusif du prince Esterhazy, Haydn écrivit une lettre dans laquelle il se plaignit de ne pouvoir se rendre à Vienne comme il le voulait; il en reconnaissait toutefois les avantages : « A la tête d’un orchestre, je pouvais faire des expériences. J’étais libre de changer, d’améliorer, d’ajouter ou de supprimer, de me livrer à toutes les audaces. Coupé du monde, je n’avais personne pour m’importuner et fus forcé de devenir original. »

De 1760 à la fin du siècle, l’histoire de la musique devint de plus en plus la sienne, et il finit par l’orienter pour 150 ans.
Le premier, il se servit génialement de la ‘forme sonate’ et en exploita, avec des ressources inépuisables, toutes les virtualités dialectiques, tant sur le plan thématique que des relations tonales.
De ce point de vue, Beethoven fut non seulement son plus grand mais son unique élève.