Chers Amis,
J’ai le plaisir de m’associer à Madame Ljerka ALAJBEG, Ambassadeur de Croatie, et Monsieur Pierre CHEVALIER, Sénateur, pour offrir ce concert aux victimes de la guerre en Croatie et plus particulièrement pour les personnes blessés par les mines anti- personnelles.
En cette fin d’année 2006, j’ai eu l’honneur de diriger, à deux reprises, le Requiem de Mozart. Le 18 novembre dernier, il s’agissait de commémorer, à Vukovar, les 15 ans de la chute de la ville, symbole du début de la guerre. La basilique de Zagreb reçut la seconde prestation le 4 décembre. J’y ai dirigé un orchestre et un chœur croate. J’y ai rencontré, au travers de la musique, l’énergie et la beauté d’un pays tourné vers son avenir européen. A mon tour, j’ai voulu que ma passion de la musique soit un support humanitaire, autant qu’un cri d’amour lors de ce concert du 19 février.
C’est du courant littéraire en France au XIXe siècle que nous vient la notion de « romantisme ». La musique romantique conservera, au cours de son évolution jusqu’au XXe siècle, une certaine continuité dans le style et la forme. Mais, en sous-œuvre, apparaît au fil du temps une tout autre dimension, une réelle forme d’art, qui se caractérise surtout par l’individualité dans les styles. Dès lors, le romantisme permettra aux compositeurs de valoriser leur style musical personnel.
« Beyond the romantism », nous dévoile, ce soir, les deux extrêmes de ce romantisme : SCHUBERT et SCHREKER.
Franz SCHUBERT, pionnier de ce courant, est bien le compositeur
le plus célèbre du « lied » romantique
qu’il porte à son point de perfection.
Mais d’autres formes de la musique romantique apparaissent
dans le concerto, le ballet et la symphonie.
Cette période donnera naissance à l’impressionnisme chez Debussy et l’expressionnisme chez Mahler qui en sont les héritiers directs.
Actuellement peu connu, Franz SCHREKER, né à
Monaco en 1878, et décédé à Berlin en
1934, jouit, à son époque, d’une très
grande popularité. Il s’est rendu célèbre
par ses lieder et ses nombreux opéras dont le plus illustre
: Der ferne Klang (Le son lointain) triompha, à Francfort,
en 1912. Ses œuvres ont été dirigées par
Erich KLEIBER, Fritz BUSCH, Bruno WALTER, Wilhelm FURTWANGLER, Otto
KLEMPERER.
Le leitmotiv de l’œuvre de SCHREKER est le « Son
» (« Sound », « Klang »), et fait
de lui un compositeur complexe où l’émotion
se mêle à la recherche d’une écriture
plus novatrice. Son déclin fut aussi brutal que le succès
n’avait été rapide et éclatant.
Son œuvre orchestrale peu abondante n’en est pas moins
significative d’une approche personnelle qui donne couleurs
et vie à la musique et privilégie la dimension humaine
de l’individu dans ce collectif qu’est un orchestre.
Comme dans la musique de SCHUBERT et SCHREKER, un futur s’ouvre à nous : soyons prêts à apprendre pour donner chance et place à de nouvelles découvertes et laissons-nous surprendre par celles-ci.
Musically yours,
Quatuor en ré mineur opus posthume D 810 : "Der
Töd und das Mädchen"
Version pour orchestre à cordes de Gustav MAHLER (1894)
Franz SCHUBERT (1797-1828)
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Kammersinfonie
Franz SCHREKER (1878-1934)