Deuxième partie

Igor STRAVINSKY (1833-1971)

Pulcinella-Suite (1949)

Ballet en un acte, musique d'après Giambattista Pergolèse (1919-1920)

"Pulcinella fut une découverte du passé, l'épiphanie grâce à laquelle l'ensemble de mon œuvre à venir devint possible. C'était un regard en arrière, certes, la première histoire d'amour dans cette direction-là mais ce fût aussi un regard dans le miroir".
Ajoutons à cette déclaration de Stravinsky que le dernier concert public, le 17 Mai 1967, que le maître dirigea d'ailleurs assis, fut cette œuvre. Serait-elle autre chose que cette pochade de retour au néo-classique tant décriée par les puristes ?

Né en Russie à Oranienbaum en 1882, mort à New York en 1971, Stravinski est l'une des figures les plus marquantes de la musique du XXe siècle. La représentation à Paris en 1909 de son ballet L'Oiseau de feu constitue le point de départ d'une carrière internationale de compositeur extrêmement brillante, dont l'un des points les plus célèbres sera la création, en 1913, sous l'égide des Ballets Russes, du Sacre du Printemps.
La prodigieuse faculté qu'il avait de s'adapter aux styles musicaux les plus divers, tout en conservant toujours sa personnalité et sa facture propres, a fait de lui un compositeur qui, après les premières œuvres très influencées par la musique russe du début du siècle, s'est attaché aussi bien à une écriture de type néoclassique qu'au jazz, à la polytonalité, ou même, à partir des années cinquante, à la musique sérielle. Figure emblématique de ce siècle, son apport au langage musical a été absolument décisif, en particulier dans le domaine du rythme et dans celui des timbres et de l'orchestration.

L’histoire de Pulcinella peut se résumer comme suit : Pulcinella est poursuivi par l'amour des jeunes filles, ce qui provoque la jalousie de leurs fiancés. Ceux-ci décident de le supprimer. Pulcinella qui a eu vent du complot, combine, avec Furbo, le simulacre de son propre assassinat, puis de sa résurrection devant la foule assemblée. Il se venge de ceux qui l'avaient rossé puis bénit leurs mariages en même temps que le sien.
Pour écouter Pulcinella point n’est besoin de connaître Pergolèse, pas plus que de suivre l'action, il suffit de céder aux malicieux artifices du sorcier Stravinsky…